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08 août 2018
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Par Meriem Rkiouak
Mohamed Achaari, ex-membre de l’USFP et écrivain ©MAP
Du haut de ses 67 ans, Mohamed Achaari porte, dans cet entretien accordé à “BAB” magazine, un regard perspicace de témoin, d’intellectuel et d’ancien responsable gouvernemental sur une variété de thèmes en relation avec le champ politique, social et culturel.

En tant que figure de l’USFP, quel regard portez-vous sur le présent et l’avenir du parti? Certains trouvent que le parti a perdu du terrain et attribuent ce fait à sa participation au gouvernement de Jettou. Qu’en dites-vous?

Mohamed Achaari : Commençons d’abord par rétablir une vérité: la popularité de l’USFP n’a pas été entamée par son choix de participer au gouvernement de Driss Jettou. Cet épisode de la vie du parti y serait peut-être pour quelque chose, mais dire que c’est la raison principale qui a nui à la popularité du parti, est assez approximatif comme assertion. Plus encore, je suis en mesure d’affirmer que le bilan de l’USFP aux gouvernements El Youssoufi et Jettou est très positif. C’est même –et je pèse bien mes mots-  l’un des meilleurs bilans jamais réalisés par un parti à la tête du gouvernement au Maroc. Les chiffres attestent éloquemment de cette réalité.
Je crois que le processus qui a fait que l’USFP a perdu du terrain est beaucoup plus compliqué que cela. Les méthodes de gestion y sont pour beaucoup. Le parti s’est installé, en effet, dans une sorte de “confort politique” en ce sens qu’il ne s’est pas remis en question, n’a pas renouvelé son projet et, en acceptant de faire partie du gouvernement, n’a pas développé en parallèle une politique de proximité avec ses bases ni avec l’opinion publique. L’USFP n’a pas, non plus, réussi à échapper aux fléaux qui minaient le champ politique en général et le champ électoral en particulier, et s’est laissé, petit à petit, pervertir par les marchandages politiques, les tractations parfois immorales qui se font dans les coulisses… De ce fait, l’USFP, qui portait la cause du changement démocratique du pays dans le cœur, est apparu comme un parti qui n’a pas réussi son propre changement et a perdu, par conséquent, de sa crédibilité auprès de ses bases, de son électorat et de l’opinion publique.
A mon sens, c’est dans ce contexte qu’il faut situer la chute de la popularité du parti.

En 2010, vous avez suspendu vos activités au sein de la direction de l’USFP. Ne fallait-il pas rester et poursuivre la lutte pour la réforme du parti depuis votre poste ?

Par expérience, je peux vous affirmer que c’est plus facile à dire qu’à faire. Parce qu’avant de prendre la décision, avec d’autres militants, de “claquer la porte”, j’ai essayé comme vous l’avez dit de “rester et combattre”. Nous avions beau plaidé, depuis notre position dans les instances dirigeantes, pour un changement positif aussi bien sur le plan des idées, des approches que sur le plan des adhésions, nous nous sommes retrouvés à prêcher dans le désert.
Pour nous, il était hors de question de fermer l’œil sur des dérapages qui risquaient de saper l’identité et les principes de l’USFP. Premièrement, nous avons pointé du doigt le climat malsain dans lequel se tenaient les congrès régionaux et le congrès national qui était en préparation, les tractations immorales qui étaient devenues de coutume pour pouvoir se constituer une majorité, une base ou des réseaux de soutien. Deuxièmement, nous avons fait le constat que certains prétendants à la direction du parti faisaient exactement la même chose que certains notables pendant les élections : acheter des voix. Eh bien, l’USFP était arrivé au point où des notables “s’offraient” des congressistes. Nous sommes donc montés au créneau pour signaler que de tels agissements allaient conduire le parti à une dérive irréversible. Et c’est exactement ce qui s’est passé ces dernières années: le parti a fait une dérive qui l’a “déformé”. C’est ce qui m’a fait dire, après le congrès national de 2006, que l’USFP m’était devenu méconnaissable. D’ailleurs, je n’étais pas le seul à le dire, tous les vétérans du parti ont vu avec désolation ce déferlement d’une clientèle électorale qui n’avait rien à voir avec les idées de l’USFP ni avec son processus militant. Les vrais militants, encore nombreux à cette époque, ont fait la douloureuse expérience de voir leur parti leur échapper et être spolié par d’autres.
Ainsi, aux gens qui me disaient qu’il fallait “rester et combattre”, je répondais que c’était une mission impossible, parce qu’en arrivant dans un congrès où il n’y a pas de militants démocratiquement élus par leurs confrères, mais plutôt des “clients” pour la plupart achetés dans le “marché électoral”, vous n’avez aucune chance de faire entendre votre voix ni de faire aboutir votre projet ou votre vision de réforme.
Nous en avons fait l’expérience lorsqu’on a proposé de mettre sur pied une commission nationale pour les adhésions, ou encore lorsqu’on a souligné la nécessité d’engager une politique d’ouverture sur les nouvelles générations, de moderniser et régionaliser les appareils du parti et faire en sorte que l’USFP fasse son autocritique, son mea culpa et rectifie le tir. Malheureusement, cet appel de conscience est resté lettre morte.

Mohamed Achaari invité, jeudi 7 avril 2016 au Forum culturel de la MAP, autour du thème: “Réforme de la culture, culture de  la réforme” ©MAP

Les “maux” de l’USFP sont ceux d’une large partie de la gauche qui est en perte de vitesse. Comment faire pour redonner à la gauche son aura et sa force de frappe d’antan ?


Il serait pédant de ma part de prétendre détenir les clés d’une “renaissance” de la gauche marocaine, puisqu’un tel projet nécessite une réflexion collective. Mais grosso modo, ce qui me paraît fondamental en l’occurrence, c’est de redéfinir le champ de la gauche, de sortir de cette classification classique (gauche fondamentale, extrême gauche, gauche de la résistance, de la participation)…Il faut recomposer la gauche, la repenser, redéfinir son projet. Pour cela, les militants doivent changer d’approches et de méthodes. Or, je constate aujourd’hui que la gauche garde les mêmes réflexes, analyses et comportements d’avant l’expérience de l’alternance. On doit se rendre à l’évidence que les temps ont changé, que les jeunes expriment de nouvelles attentes et que les partis politiques doivent leur proposer des projets qui correspondent à leurs aspirations. En la matière, l’USFP est resté confiné dans la théorie et n’a pas su saisir les opportunités offertes par le changement pour aller plus loin dans le changement. C’est à mon sens une erreur majeure, car pour produire un changement, il ne faut pas rester cloisonné dans un calendrier électoral et politique, il faut surtout mettre les vraies questions sur la table, débattre, innover, réinventer. Sur ce volet, l’USFP est resté en deçà des aspirations des Marocains qui fondent de grands espoirs sur le parti pour faire revivre les idées fondatrices de la gauche avec la participation de toutes ses composantes.

Vous dites que “le consensus rend un mauvais service à la démocratie”. Qu’est-ce que vous entendez par là ?


Ce que j’ai voulu dire, c’est que je trouve choquant cet amalgame entre les projets des différents partis, qui amène l’opinion publique à dire qu’“ils sont tous pareils”. En d’autres termes, il n’existe pas aujourd’hui un vrai débat politique qui permet aux Marocains de faire le distinguo entre les programmes et les approches de chaque parti à part. Qui peut, par exemple, se proclamer aujourd’hui de la famille libérale ou bien prétendre représenter le centre-gauche ? Les clivages se sont tellement estompés dans le paysage politique que personne n’y comprend plus rien. L’illustration la plus éloquente de cette confusion politique est la composition hybride du gouvernement actuel qui réunit des partis appartenant à des courants politiques qui sont parfois diamétralement opposés.

Mohamed Achaari, intervenant, le 18 décembre 2017 à Rabat, lors d’une rencontre organisée dans le cadre de la semaine de la langue arabe ©MAP

C’est un paysage désolant de la politique qu’on donne à voir aux Marocains et je pense que c’est, justement, l’une des raisons pour lesquelles une partie d’eux a abandonné pas seulement la politique mais aussi l’espoir dans la politique.

Comment jugez-vous l’interaction du gouvernement avec les événements d’Al Hoceima ?

Dans ce cas d’espèce particulièrement, j’estime que le gouvernement n’a pas seulement échoué à gérer et contenir la crise, mais il l’a aggravée en intervenant d’une manière maladroite,  voire irresponsable. Outre cette incompétence politique, les événements d’Al Hoceima ont révélé que les structures politiques en place n’ont ni la force ni la légitimité requises pour installer le climat de dialogue, de confiance et de sérénité nécessaire pour rechercher des solutions.
Quid des partis politiques? N’assument-ils pas une part de responsabilité ?
Je ne le pense pas. Il ne s’agit pas, à mon avis, de donner des leçons aux partis politiques. C’est tout le champ politique qu’il faut repenser et réorganiser pour évoluer vers un système qui fonctionne et qui avance.
Si on est arrivé, après le discours royal historique du 9 mars 2011, à trouver des solutions à la crise sociale survenue dans le sillage du «printemps arabe», à mettre en place une nouvelle constitution, pourquoi serait-on incapable de désamorcer la crise d’Al Hoceima?
Je pense que la solution commence par la création d’un climat durable de sérénité, de construction positive et de progrès.

Mohamed Achaari présentant son troisième roman “Oulbat Al Asmae” ©MAP

Vous êtes un homme de lettres et ancien ministre de la Culture. A ce titre, comment voyez-vous la place de la chose culturelle dans l’agenda politique et dans les politiques publiques ?

La culture n’est pas “devenue” marginale -puisqu’elle l’a été depuis longtemps à mon avis- mais elle l’est encore plus par les temps qui courent. En matière de politiques publiques, je remarque qu’on a tendance à investir beaucoup plus dans les événements culturels, la création, etc.
Or, ce qui est attendu d’une politique culturelle est beaucoup plus important que cela: c’est de renforcer les bases de la modernité face à certains courants conservateurs qui sont convaincus que la solution aux maux de la société et du pays se trouve dans le passé. C’est là où la culture revêt toute son importance, car la réponse aux thèses archaïques et intégristes ne saurait être purement économique. Elle appelle, aussi et surtout, des politiques culturelles actives qui s’implémentent d’une manière profonde et irréversible.
Ce qui me semble prioritaire aujourd’hui, c’est de mettre en place des politiques qui font de la culture un élément essentiel de la vie des Marocains. Pour atteindre cet objectif, il faut, outre l’action culturelle proprement dite, s’intéresser à l’école où la culture est quasi absente des cursus et programmes d’enseignement. Il s’agit, en somme, de redonner à la culture sa place centrale dans la formation de notre jeunesse.

IGF

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